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Quoi de plus normal que de s'inquiéter pour ses enfants ! C'est un sentiment logique et parfaitement normal, mais qui peut parfois être envahissant. On favorisera la confiance en soi de notre enfant, s'il sent qu'on encourage son plaisir, son autonomie, ses initiatives, qu'on lui met des limites qui le sécurisent sans le brider et qu'on l'aime tout simplement.

Parents anxieux, enfants anxieux. Je ne vous apprends rien en disant que les enfants sont des éponges émotionnelles et c'est vrai que lorsque nous, parents, sommes inquiets, notre progéniture le ressent et s'inquiète à son tour. Ça peut les pousser à se renfermer, à ne pas trop oser faire des choses pour nous éviter de trop s'en faire et c'est là que c'est un peu dommage. C'est le sujet de mon premier podcast, bonne écoute !

On se retrouve aujourd'hui pour parler du lit au sol ! J'ai trouvé très peu de retour d'expérience concernant le lit Montessori et vous avez été nombreux à me questionner là-dessus sur Instagram, je partage donc notre expérience avec vous et j'espère que ça pourra vous éclairer.

Sa chambre inspiration Montessori

La pédagogie Montessori, qu'est-ce que c'est ? Elle fait partie des pédagogies dites "actives" et fait référence à un ensemble de principes sur l'éducation ainsi que les apprentissages, qui reposent sur les recherches et les écrits de Maria Montessori.

Il ne s'agit pas d'une méthode spécifique, mais plutôt d'une philosophie sur la posture de l'enfant et le rapport adulte-enfant. L'idée globale, c'est de mettre en place tout ce qui pourra favoriser l'autonomie de l'enfant et l'aider à développer son esprit d'initiative.

On a donc pensé sa chambre, en gardant en tête le fait que l'on souhaitait qu'elle se sente libre, indépendante et que les choses qui la concernent, lui soit accessible en fonction de son âgePour organiser sa chambre, on s'est appuyé sur le livre 60 activités Montessori pour mon bébé, que j'ai dévoré, qui est très intéressant et bien expliqué.

Pour quoi un lit au sol ?

Le principe ? Proposer à l'enfant un lit bas, au plus proche du sol pour lui permettre de se coucher, se lever seul et plus tard, qu'il puisse faire son lit comme un grand.

DISCLAIMER

Alors que les choses soient claires, le lit Montessori n'est pas un remède miracle pour améliorer le sommeil de votre enfant. Si votre enfant ne fait pas ses nuits et se réveille 4 fois par nuit, le lit Montessori ne va pas régler ce problème. Il s'agit ici d'autonomie ! Donc il est évident que les parents qui s'imaginaient que ce lit favoriserait le sommeil, conclue que c'est une expérience ratée.

Notre expérience

Comme je vous le disais plus haut, il est difficile de parler du sommeil d'un bébé, car s'est très varié en fonction des enfants, mais surtout, ça évolue et ce n'est pas linéaire. Ava a fait ses nuits à 4 mois, aujourd'hui elle en a 19 et depuis 2 mois, elle se réveille 1 à 2 fois par nuit.

Quand avons nous commencer ?

Nous lui avons installé un lit au sol lorsqu'elle avait 9 mois. Elle avait quelques difficultés motrices, ne marchait pas à 4 pattes (elle roulait sur elle-même pour se déplacer) et on s'est dit que cet exercice de montée et descente, pourrait l'aider.

Où trouvez un lit Montessori ?

Alors ne vous faites pas avoir, on vous vend des lits Montessori à plus de 500 € alors que clairement, vous pouvez le faire vous-même. En ce qui nous concerne, on est tout simplement allé chez Leroy Merlin, on a acheté des planches de medium pour trois fois rien, qu'on a fait couper aux dimensions voulues. Pour le reste,  on a utilisé le sommier de son ancien lit et Bébé 9, nous a gentiment  envoyé une barrière de lit.

Au début de l'expérience

Elle tombait de son matelas en voulant en descendre ou la nuit car elle bouge beaucoup. Dans un premier temps, on a donc mis un matelas de sol pour amortir. Par la suite, on a enlevé un côté de son lit pour installer une barrière de lit à la place puis une fois qu'elle a maîtrisé la descente, on a retiré le matelas de sol qui désormais lui sert de coin lecture.

Plus petite, elle s'endormait dans nos bras et on la déposait directement sur son lit, donc pas de soucis particuliers. Pas d'angoisse, lorsqu'elle se réveillait, et lorsque c'était le cas, elle se rendormait tranquillement ou elle descendait sur son matelas pour jouer et attendait.

Autrement, lorsqu'on sentait qu'elle était fatiguée, on allait la déposer dans son lit, on lui expliquait que c'était l'heure de la sieste ou du dodo, on l'embrassait, puis on partait. Pas de pleurs, elle nous regardait partir, puis jouait dans son lit tranquillement, jusqu'à l'endormissement.

Lorsque sa marche à 4 pattes s'est développé, elle a commencé à repérer où se situait son lit, mais surtout à comprendre qu'elle avait un espace dédié au sommeil. Cela s'est traduit par des épisodes réguliers où on jouait dans sa chambre et elle montait dans le matelas et faisait mine d'aller dormir, en se couchant sur son matelas, nous regardait en souriant puis descendait.

Le gros changement, ça été les réveils. Fini les hurlements pour qu'on vienne la sortir de son lit. Lorsqu'elle se réveillait, elle ne nous appelait plus, elle descendait tranquillement de son matelas, allait chercher ses jouets et attendait tranquillement qu'on vienne la chercher. Je peux vous dire que ça nous a changé la vie !

 Aujourd'hui, comment ça se passe ?

Ava a actuellement 19 mois et voici ce qu'on a pu observer après presque 10 mois de lit au sol. Elle est totalement autonome au niveau du réveil, c'est-à-dire que lorsqu'elle se réveille, elle ne nous appelle pas, elle va descendre de son lit et aller jouer ou venir directement nous chercher, ça dépend de son humeur !

Il lui arrive d'aller se coucher volontairement de temps en temps, mais de manière globale, lors des siestes et du coucher, on lui propose d'aller se coucher. On a notre petit rituel : on lui explique qu'on va se reposer, on l'accompagne dans sa chambre puis on lui demande d'aller s'allonger, chose qu'elle fait. Ensuite, on la borde, on s'assoit près d'elle pour l'embrasser puis on s'en va. Alors parfois ça le fait et d'autres fois non.

Il y a des jours où on va devoir rester à côté d'elle plusieurs minutes avec un câlin, d'autres fois où un bisou suffit puis on tourne les talons et elle ne bronche pas, d'autres fois où elle va prendre son doudou et s'endormir toute seule. C'est variable, mais ce qui ne change pas, c'est qu'une fois qu'elle est dans son lit, elle n'en sort pas pour nous courir après et lors du réveil, elle va sortir de son lit et venir nous rejoindre tranquillement.

Le lit au sol, positif ou négatif ?

L'objectif, c'est l'autonomie et Monsieur et moi, on reste totalement convaincus par notre lit au sol. Après 10 mois d'utilisation :

  • Ca été un soutien dans le développement de sa marche à 4 pattes, qui a débuté, dès qu'on lui a installé son lit au sol.
  • Ava est capable d'aller se coucher seule lorsqu'elle est en train de jouer dans sa chambre et que la fatigue se fait sentir.
  • Lors du réveil, elle ne nous appele plus, elle va descendre de son lit et faire sa vie ou venir nous chercher tranquillement.
  • Elle peut ranger ses doudous et sa couverture dans son lit lorsqu'on lui demande, elle a compris que cet espace était fait pour dormir.

Pour nous, cette expérience est vraiment positive et à aider Ava à développer ses capacités motrices, mais aussi, à acquérir de l'autonomie. Aujourd'hui, elle sait aller se coucher quand elle le souhaite et peut descendre de son matelas en toute sécurité. Dans quelques mois, à l'approche de sa deuxième année, on va passer à un lit de grande ! Toujours bas, mais plus directement au sol, car on estime avoir obtenu ce qu'on voulait : plus d'indépendance.

Les choses essentielles à savoir

Côté sécurité, vérifier bien que les prises sont bloquées et que tout soit car qui dit lit au sol, dit monde à sa hauteur et à porter de main. Pensez également au tapis de sol pour amortir ses chutes dans les premiers temps. J'espère, que ce post pourra vous éclairer ! Et vous, vous avez déjà testé le lit Montessori ?

J'ai longtemps réfléchi à cet article, je ne savais pas par où commencer, je ne savais si j'y arriverais. Au départ, je voulais le faire en vidéo pour que ce soit moins long pour vous et en fait, c'était trop dur, alors je prends la plume, avec l'envie de tourner une page et l'idée que peut-être, ça aidera certaines et certains d'entre vous.

La prématurité

Il y a 4 mois, on accueillait notre crapule, comme on l'appelle affectueusement. 4 mois maintenant que notre vie a été chamboulé par l'arrivée de ce petit coeur. Je reprends le travail dans 15 jours et cela a fait remonter pas mal d'angoisses, ça m'a donc semblé être le bon moment pour évoquer tout ça ici, bien que je ne rentrerais pas dans les détails.

Chaque année, c'est près de 60.000 enfants qui naissent prématurément en France, soit plus de 8 % du total des naissances. Une naissance prématurée est une naissance qui survient globalement à moins de 8 mois. Est prématurée, toute naissance qui survient avant 37 semaines d'aménorrhée (SA), soit 35 semaines de grossesse.

Au sein de cette prématurité globale, il faut distinguer : la prématurité moyenne, de 33 à 36 SA + 6 jours (85 % des naissances prématurées), la grande prématurité, de 28 à 32 SA + 6 jours (10 % des naissances prématurées et c'est le cas de ma fille) et enfin la très grande prématurité, de 24 à 28 SA (5 % des naissances prématurées). Ava est née à 32 SA, soit le 1er jour du 8ième mois (le terme était prévu le 5 janvier et elle est née le 5 novembre). Elle pesait 1.75 kilos pour 38 cm.

Accouché d'un enfant prématuré : comment le vit-on ?

Je me sens coupable

Je repense à son arrivée, son parcours, les jours qui ont précédé mon accouchement prématuré et je me rends compte du chemin parcouru sur mon sentiment de culpabilité, qui est encore un peu présent. Pourquoi ? Parce que j'aurais aimé qu'elle n'entre pas dans la vie de cette manière-là, je m'en veux de lui avoir fait vivre un début de vie si difficile, j'ai l'impression de ne pas avoir été à la hauteur, de ne pas avoir su contrôler mon corps, de ne pas avoir été en capacité de la protéger et la garder au chaud...un mois de plus aurait suffit.

Sa naissance, a été un moment de stress, d'inquiétude intense et totalement surréaliste. Elle est née à 23h11 et ma première vraie rencontre avec elle, ça été à 3h du matin. Impossible de distinguer son visage, car elle avait un masque respiratoire, on ne pouvait la toucher qu'à travers des vitres, ses mains disparaissant sous les bandages et les perfusions. Cette première rencontre avec elle me hante encore... Elle paraissait si fragile, cela semblait si dur pour elle, j'aurais tout donné pour la sortir de là et être à sa place.

S'en est suivi un mois et demi d'hospitalisation, avec une semaine en couveuse, un mois avec une sonde gastrique, sans compter tous les soins quotidiens et examens. Notre vie, notre quotidien, régler comme du papier à musique avec une seule envie : ne pas la quitter, être présent, la soutenir.

Accouché d'un enfant prématuré : comment le vit-on ?
Accouché d'un enfant prématuré : comment le vit-on ?

Était-ce à prévoir ? Alors en fait, un jour, je suis allé à la maternité pour une visite de routine et on me dit qu'on me garde : col raccourcit, contractions régulières, mais je ne les sentais pas, manque de fer et là, on vous dit que vous êtes en MAP (menace d'accouchement prématuré). C'était parti pour 3 jours d'hospitalisation et injections de corticoïdes pour l'aider à se développer si elle venait à sortir durant mon hospitalisation ou les quelques jours qui suivent.

Cet épisode, c'était 15 jours avant que j'accouche, 15 jours où j'étais totalement alité, où j'ai respecté les consignes à la lettre. Deux jours avant, la sage-femme me disait que ça allait mieux, que je ne risquais pas d'accoucher de sitôt, alors on commençait à se détendre un peu, mais ça n'a rien changé.

Je peux vous assurer qu'en arrivant à l'hôpital, le chéri et moi, on était à cent lieues d'imaginer que j'accoucherais ce jour-là (on était peut-être dans le déni aussi hein lol). Elle voulait nous voir, elle était pressée de faire son entrée, d'être avec nous. Mais il m'arrive quand même parfois, de refaire le monde en repensant à tout ça :

  • Et si j'avais arrêté le travail plus tôt ?
  • Et si je ne m'étais pas baissé pour passer la serpillière ?
  • Et si j'avais écouté les douleurs de mon corps ?

Oui, on en viens à se poser tout un tas de questions, plus ou moins rationnelles, on cherche à trouver la source, mais tout cela reste un mystère, il ne reste que l'inquiétude et la souffrance. Est-ce que tout cela serait arrivé quand même ? Probablement que oui.

Plusieurs facteurs peuvent influencer le risque d'accoucher avant terme, mais il peut aussi arriver d'accoucher prématurément sans causes établies. Après l'accouchement, j'ai interrogé les professionnels qui m'ont suivi, accouché et se sont occupé de ma fille à la naissance : après examens, ils m'ont assuré que ma responsabilité n'était pas engagée, qu'elle voulait juste sortir.

J'ai eu du mal à l'entendre car je suis très terre-à-terre. Pour moi, il y avait forcément une explication logique, quelque chose que j'avais dû faire même de façon inconsciente. J'avais besoin de comprendre, mais ce ne sera jamais le cas, c'est arrivé et c'est tout.

Accouché d'un enfant prématuré : comment le vit-on ?
Accouché d'un enfant prématuré : comment le vit-on ?

Me pardonner

Aujourd’hui, elle va bien et ne gardera aucune séquelle importante de sa prématurité. Alors oui, elle est plus suivie médicalement que la moyenne, elle est plus fragile, mais elle évolue super bien, elle a rattrapé sa courbe de poids et taille. Elle rit aux éclats, tient sa tête, commence à tenir quelques secondes assise. Elle saisit les objets, remet sa sucette dans sa bouche, fait des câlins. Elle est éveillée et ne cesse d'observer ce qui l'entoure.

Elle va bien, alors je me dit que je doit avancer pour elle, pour moi, pour nous. Je dois réussir à me pardonner et j'y travaille tous les jours. La prématurité ne fait pas de moi, une mauvaise maman, cette épreuve nous a appris beaucoup en tant que parents, en tant que couple. Mais surtout cette petite fille est incroyable, elle nous a tant donné : de la force, du courage, de l'optimisme, elle nous a tenu à bout de bras.

On ne l'a pas quitté, tous les jours, on était là, à l'hôpital, à ses côtés pour l'aider à apprendre à manger, l'apaiser, lui sourire, la soutenir. Aujourd’hui, on l'accompagne dans son développement, son éveil, sa motricité, son alimentation pour qu'elle comble le petit retard qui lui reste. On est heureux, tellement heureux de l'avoir dans notre vie, on se dit que finalement, c'est son histoire et on la partagera avec elle quand elle sera en capacité de comprendre.

Finalement, je pense que ça la rendra plus forte et nous aussi. On avance dans le futur avec sérénité, mais surtout beaucoup de fierté. On est tellement fiers de la petite fille qu'elle devient, elle nous donne tellement d'amour. On n'oubliera jamais cette étape dans notre vie, mais quand on la regarde, on se dit que s'il n'y avait pas d'autre choix que d'en passer par-là, pour vivre quelque chose d'aussi merveilleux, alors on l'accepte. On l'a enfin avec nous, à la maison et on hâte d'avancer dans la vie avec elle.

Un grand merci à l'équipe du service de néonatologie de l'hôpital Robert Debré qui a été fantastique, nous a écouté, consolé, rassuré, a accueilli notre peur dans les mauvais moments, mais qui surtout, nous a aidés a créer du lieu avec notre fille et a embrassé pleinement notre rôle de parent. Merci également à toutes les personnes qui nous ont soutenu et épaulé dans cette période difficile et pour finir, merci à la permanence psychologique de l'association SOS Préma, qui a su m'écouter quand j'en avais besoin.

N'hésitez pas à me poser des questions en commentaires si vous souhaitez avoir des réponses ou explications plus précises.

Ava, tu es une guerrière et notre plus beau trésor.

Accouché d'un enfant prématuré : comment le vit-on ?
Accouché d'un enfant prématuré : comment le vit-on ?