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Hier soir, j’étais convié à l’avant-première du film Tamara. Lors de la présentation, le réalisateur a indiqué que c’était un film familial, avec un beau message pour les adolescentes … STOP, on rembobine. Aujourd’hui est sorti dans les salles, Tamara, le nouveau film d’Alexandre Castagnetti qui adapte la BD culte de Zidrou et Darasse.

Tamara (interprété par Héloïse Martin), l’héroïne, est une adolescente complexée par son surpoids et qui fait l’objet de moqueries quotidiennes, par ses camarades de classe.

À l’arrivée au lycée, suite à un pari avec sa meilleure amie, elle décide de séduire le beau gosse du lycée, Diego (interprété par Rayane Bensetti) et va s’en suivre une jolie histoire d’amour

Tamara, le cliché

Le film a fait l’objet, bien avant sa sortie, d’une polémique concernant notamment l’affiche du film et pour cause. Héloïse Martin parait mince par rapport à l’héroïne d’origine, elle a même dû prendre 12 kilos pour le tournage du film. Même si elle s’éloigne des standards, cette Tamara est très éloignée (genre à des années lumières) de celle de la BD. En revanche, elle s’adapte et est plus « tolérable » au regard de la population, j’imagine.

Pas obèse, pas mince, pas canon, mais pas dégueulasse non plus, elle est juste normale avec quelques rondeurs et je crois que ça parle à plus de monde (et donc ça fait plus de sous et de billets de cinéma vendu), pas sur, que ça aurait attiré les foules, la petite grosse du coin.

C’était pourtant prometteur

Le problème principal du film selon moi, c’est le réalisme inexistant en ce qui concerne la vie d’une ado grosse au lycée. Le film, part du postulat qu’ayant des formes, notre petite Tamara va devoir ramer pour arriver à ses fins, être accepté, séduire, mais ça, c’est le problème de tous les adolescents, pas seulement de ceux qui sont gros.

D’autre part, lorsqu’on est gros au lycée, on est forcément impopulaire et victimisé par ses camarades ? Désolé, mais non. La crédibilité du propos est très limite et malheureusement, le message vendu en promotion, n’est pas là.

C’est un enchaînement de clichés, sur clichés à la sauce américaine. Inutile de vous parler de la scène où elle court en soutien-gorge dans l’aéroport pour aller récupérer son amoureux, c’est agaçant et so Love Actually.

C’est dommage, car le film traite de sujets actuels pour les ados, tels que l’entrée au lycée, les codes vestimentaires, relationnels, les difficultés à accepter son corps, les relations amoureuses.

Mais aussi la découverte de sa sexualité, la cruauté des adolescents entre eux, le père absent, la famille recomposée et malheureusement, ça passe à la trappe, car on se retrouve face à une comédie qui à force de tourner en dérision, décrédibilise certains problèmes qu’ont les adolescents et qui peuvent conduire à des situations dramatiques.

Oui Tamara est forte, et se contente de manger des macarons ou dormir toute la journée quand ça ne va pas malgré ses complexes, mais ce n’est pas la vraie vie et ce n’est pas ce à quoi fait face un adolescent en souffrance (gros ou pas).

Au final, j’en pense quoi ?

Est-ce que vous devriez aller le voir ? Oui, car je dois bien admettre que j’ai bien rigolé avec ma jolie Claire du blog O Temps Pour Soi. C’était drôle, acidulé et mignon, j’ai passé un bon moment.

Il avait même un côté réconfortant, car je me suis retrouvé dans des situations que j’avais pu vivre. Par contre, je n’aurais pas apposé la phrase  » la revanche d’une ronde  » dans le titre du film, car ça n’a aucun rapport (mais vraiment).

J’ai aimé l’énergie des comédiens, qui clairement se sont éclatés, j’ai aimé le petit grain de folie et de musique dans la réalisation. Maintenant, ça ne casse pas des briques, c’est une comédie amusante, remplie de clichés et finalement assez classique, rien de nouveau.

  • Si vous vous attendez à voir un bon remake de la BD, circulez, ça n’a absolument rien à voir.
  • Si vous vous attendez à vous servir de ça comme thérapie pour votre ado complexée ? Oubliez aussi, elle ne s’y retrouvera pas du tout si elle est très mal dans sa peau.
  • Si vous voulez passer un bon moment avec vos enfants et que tout le monde a un bon second degré et est bon public, c’est pour vous !

Il faut prendre ce film pour ce qu’il est, une comédie adolescente mignonne mais surtout pas le messager et le miroir de la vie d’une grosse au lycée.

Le 15 mars, j’ai eu le plaisir d’être conviée à la projection exclusive du film A Bigger Splash, au Cinéma Katara de l’hôtel Royal Monceau, le lieu nous met déjà dans l’ambiance. À la fin de la projection, le réalisateur Luca Guadagnino, ainsi que Matthias Schoenaerts, l’un des rôles principaux, nous ont rejoints. A Bigger Splash a été annoncé comme le remake du film culte La Piscine, de Jacques Deray (1969), mettant en scène Alain Delon, Romy Schneider, Jane Birkin et Maurice Ronet.

Le synopsis

Lorsque la légende du rock Marianne Lane part sur l’île méditerranéenne de Pantelleria avec Paul, son compagnon, c’est pour se reposer. Mais quand Harry, un producteur de musique iconoclaste avec qui Marianne a eu autrefois une liaison, débarque avec sa fille Pénélope, la situation se complique. Le passé qui ressurgit et beaucoup de sentiments différents vont faire voler la quiétude des vacances en éclats. Personne n’échappera à ces vacances très rock’n’roll…

A Bigger Splash, on en pense quoi ?

Le réalisateur Luca Guadagnino nous livre sa version, son interprétation de l’œuvre de Deray, une version résolument plus libre que l’original. Je ne dirais pas que c’est un remake, mais plutôt une réinterprétation. Si vous vous attendez, à voir une simple nouvelle version de La Piscine, clairement, vous allez être déçu. J’ai décidé d’y aller en oubliant la version originale, sans rien attendre et honnêtement, j’ai apprécié cette proposition.

Pour commencer casting de haut vol : la mystérieuse et passionnante Tilda Swinton que j’ai adoré dans Amore et We Need to Talk about Kevin, le talentueux belge Matthias Schoenaerts qui ne peut me faire oublier De Rouille et d’Os et plus récemment The Danish Girl. Dakota Johnson qui est remonté dans mon estime avec célibataire mode d’emploi et l’incroyable Ralph Fiennes qui m’a séduit autant dans Harry Potter que dans The Reader et La Liste de Shindler.

Conflit psychologique et intérieur, mais surtout conflit de générations entre deux couples d’acteurs brillants. Du désir, de l’intensité, du conflit, de l’insolence, on est spectateur du temps qui passe, de cette star qui a perdu sa voix, mais a retrouvé sa voie dans la passion. Les silences, les regards, sont d’une grande importance, j’ai rarement aimé un film où on parlait si peu.

En parallèle, on a la question des réfugiés qui planent, on n’est pas vraiment sur de ce que ça fait là. Ils apparaissent et disparaissent, évoluent de leurs côtés, on sent l’exil et la notion d’enfermement comme une ombre pour eux qui le sont littéralement et pour nos personnages principaux aussi qui s’enfoncent lentement dans leurs sentiments, leurs passés et ça va conditionner leurs actes tout au long du film.

L’île et la bande son, sont des personnages à part entière et décisifs, un joyeux bordel esthétique, musical et hystérique, sur fond de sea, sex and rock’n’roll. L’île de Pantelleria située entre la Sicile et la Tunisie, nous embarquent complétement avec en arrière-plan sonore permanent, les plus belles pépites des Rolling Stones comme « Emotional Rescue ». Sans ces deux éléments, le film n’aurait pas été le même, ce sont limite eux, les stars du film. Pour les curieux, les amateurs d’intensité et de passion, ce film est fait pour vous.

Un film de Luca Guadagnino avec Tilda Swinton, Ralph Fiennes, Matthias Schoenaerts et Dakota Johnson. Rendez-vous demain dans les salles pour sa sortie.

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Crédit Photos © Studiocanal

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Notre avis sur le film Vice-Versa

Le dernier film Pixar qui m’a bouleversé est Là-haut. Et quand je dis bouleverser, c’est un euphémisme, ce film était d’une beauté, d’une humanité et d’une magie incroyable. Vice-Versa, quant à lui est un film ingénieux et culotté.

L’histoire est simple, Riley, une petite fille à l’aube de l’adolescence vit un évènement difficile : un déménagement. Ça bouleverse son quotidien et ses repères.

L’histoire se focalise sur cinq émotions, la joie, la peur, la tristesse, le dégoût et la colère. Ces cinq sentiments sont les vrais héros du film. Ils ont pour mission de guider Riley dans la vie et se voit complétement mis à mal par ce déménagement.

Les sentiments sont ici des personnages qui se sentent perdus lorsque Riley perd ses rêves, ses espérances, son amour pour le hockey, sa foi en la famille et l’amitié. Eux aussi vont devoir évoluer, mais ils ne le savent pas encore et vont le découvrir comme leur hôte.

Notre avis?

On parle ici du choc entre l’enfance et l’adolescence avec toutes les émotions que cela entraîne. On se sent tout de suite saisis par l’histoire et chaque détail de l’enfance prend vis. Le réalisateur Pete Docter réussit à nous envahir de petites madeleines de Proust, qu’il nous distribue gracieusement.

Ce film est réellement un trésor d’écriture, il est d’une cohérence et d’une beauté déconcertante. Il donne vie à un univers que l’on a dans la réalité tellement de mal à décrire, à expliquer. Les questionnements, les rêves, les peurs, les souhaits. Drôle mais également très émouvante, la justesse du film est très touchante.

Pour moi, c’est un chef-d’œuvre cinématographique, il va bien plus loin que le simple film d’animation. C’est une Ode à l’optimisme et la foi en nous-même, qui mêle humour et drame, de façon brillante. Un bijou subtil sur la mélancolie, la maturité, le changement.

Le meilleur moment

L’arrivée de l’ami imaginaire de Riley dans l’histoire, un personnage incroyable et atypique prêt à tout pour être de nouveau dans la vie de cette petite fille qu’il a accompagné aux débuts de sa vie.

Lorsque celui-ci se sacrifie pour Joie, cela marque la fin de l’enfance pour Riley. Un moment très vrai, intelligent et touchant.

Alors on y va?

Courez-y, ce film vous mettra assurément du baume au cœur. Je suis ressortie de la salle, le cœur remplit de poésie, d’optimisme et de nostalgie. Merci Pixar pour tant de bonheur et d’émotions en 1h30.
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